+ de 50 ans d’histoire au service de la jeunesse

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sur un demi-siècle
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J’ai rêvé des 50 ans de Planète Sciences pendant longtemps… Elle mérite bien des compliments, c’est une des rares associations d’Education populaire aujourd’hui, au sens stricto sensu du terme, même si ses membres ne le savent pas toujours, et un modèle bien au-delà du secteur science et technique. Sa gestion est remarquable, elle dispose d’un bon mode de gouvernance basé sur l’apport du volontariat, un rapport intéressant entre le salariat et le bénévolat, et des relations structurées mais sans lien de dépendance avec les institutions. C’est une association qui a su se renouveler, trouver de nouvelles équipes, de nouveaux projets, un nouveau président, tout en gardant une identité, des valeurs, un système relationnel, une certaine forme affectivo-conviviale dans les relations avec les gens que je ne retrouve pas ailleurs.

Jean-Claude Guiraudon, ancien directeur de Planète Sciences

Planète Sciences doit évoluer, être davantage force de proposition. Elle ne peut pas agir seulement en fonction des attentes, sinon elle se réduira à un rôle de prestataire de service.

La proximité avec le CNES a fait qu’on a toujours plus tiré vers les activités technologiques, aussi parce que la pratique est plus simple avec les jeunes. Je pense que Planète Sciences n’a jamais su très bien gérer sa relation avec le monde scientifique. Elle a laissé d’autres le faire à sa place, alors qu’elle a des exigences de qualité supérieures. Jamais aucun président n’a été un scientifique, c’est toujours quelqu’un du monde spatial, ce qui est bien mais exclut de fait l’autre population.

Anne Serfass-Denis, ancienne directrice de Planète Sciences

Jusqu’à maintenant Planète Sciences a su rester jeune et œuvrer pour que les nouvelles générations soient en mesure de la faire évoluer. Ce sont les gens de terrain qui ont le véritable pouvoir, même s’ils ne s’en rendent pas toujours compte. Chez nous un jeune n’a pas besoin de montrer ses diplômes pour se faire élire au conseil d’administration. S’il a du dynamisme et du potentiel, on lui donne plus de responsabilités, il intègre le comité exécutif, devient président d’un groupe ad hoc… C’est de toute façon dans l’intérêt de l’association. Et si on doit faire un choix entre un vieux et un jeune, je pense qu’il faut choisir le jeune, même si je suis du mauvais côté de la barrière.

A mon avis, les enjeux pour l’association aujourd’hui portent moins sur ses modes de fonctionnement, qui peuvent très bien changer, que sur la capacité des jeunes équipes à assurer son adaptation au contexte actuel, qu’elles connaissent mieux que nous.

Guy Préaux, président de Planète Sciences

Mon projet le plus fou réalisable pour Planète Sciences est de faire un système solaire avec des ballons d’Hélium géant au-dessus du Paris. Je n’ai pas pu le faire car tout le monde me dit que ça ne marchera jamais, mais un jour ça marchera !

Thierry Seeman, bénévole, administrateur

Une ouverture plus grande aux sujets de société, sciences et citoyens, et au vaste domaine de l’art et des sciences, qui permettent d’associer des compétences humaines complémentaires tout en touchant de nouvelles cibles. Je pense que ce sont des domaines où on se refuse d’aller, à tort, car c’est aujourd’hui une forte demande des pouvoirs publics. Nous restons un peu trop sur les activités maîtrisées, et souvent, par manque de moyens financiers et humains, nous négligeons notre potentiel d’innovation et de créativité scientifique collective, en particulier dans le gestion démocratique de nos structures et dans notre capacité à développer de nouveaux projets originaux.

Arnaud Souberbielle, bénévole

Parmi les premiers projets mis en place par la Cité des sciences en 1985, il y eut la volonté de mettre à disposition des visiteurs un radiotélescope professionnel. A l’époque, je fus chargé de concevoir et faire réaliser un multimédia dont le but était de gérer l’interface entre l’instrument et les visiteurs, via plusieurs scénarios. Le projet constituait une première et techniquement était très ambitieux. Tellement ambitieux que la partie technique n’était pas à la hauteur et tomba rapidement en panne. Le projet fut donc abandonné. Dix ans plus tard, la technique ayant fait les progrès que l’on sait, je tentai de le relancer en proposant un volet animation géré par Planète Sciences. Malheureusement, malgré quelques réunions prometteuses, cette collaboration ne put aboutir. Ce radiotélescope trône toujours fièrement à côté de la Géode, pour le plus grand bonheur… des pigeons.

Antoine Poliet, bénévole

Ce que je trouve très important c’est que des jeunes proposent à des jeunes qui sont mal traités par les médias, le zapping et les outils culturels de bas de gamme, un niveau de connaissance qui leur permet d’avoir une conscience du monde, d’ici et de bien plus loin, mais aussi d’avoir un œil critique, au bon sens du terme. Et ça passe surement mieux avec des jeunes bénévoles qu’avec des vieux croûtons comme moi !

Marie-Jeanne Hochard, adjointe au maire de Vaulx-en-Velin

Du sens grâce aux sens, lorsque les mots ne suffisent pas. L’expérience par le geste, le résultat vu de ses propres yeux…

Aline Petit, bénévole

Grâce à mon passage dans l’association, j’ai pris conscience que l’avenir d’un grand établissement comme le CNES se concevait aussi en préparant la jeunesse très tôt aux métiers de l’espace.

Louis Le Pen, vice président de Planète Sciences

L’association m’a apporté une vraie autonomie. Quand j’ai eu mon agrément TJMS, j’ai pris conscience des responsabilités que cela impliquait, et je me suis sentie vraiment adulte !

Alice Moutenet, étudiante

Elle m’a construit, je lui dois mon autonomie, ma capacité à vivre et travailler en groupe, mon aptitude et mon envie de réaliser des projets.

Pierre Boutillier, bénévole

Lors d’une Fête de la science, dans le jardin du ministère, rue Descartes, une fusée a atterri sur le toit du bâtiment du ministère. Gros émoi du côté de la sécurité, qui a aussitôt souhaité arrêter les lancements. Hubert Curien, alors ministre de la Recherche et

père d’Ariane, a laissé poursuivre.

Marie-Nolle Favier, administratrice de Planète Sciences

Mon premier entretien d’embauche comme ingénieur à l’Inria a consisté à discuter de Planète Sciences pendant une heure !

Séverin Lemaignan, bénévole

La manip la plus sympa pour moi a été un stage à Verrières-le-Buisson avec un petit groupe de jeunes de Villeneuve-Saint-Georges qui s’intéressaient à l’expansion de l’univers. Comme il pleuvait, nous avons travaillé sur l’effet Doppler sonore. Notre source sonore était le chant. L’idée était de voir le changement de fréquence en fonction du déplacement de la source ; mais plutôt que de faire bouger la source, on a fait tourner le micro. Mais à l’utiliser comme une fronde, nous entendions surtout le vent, nous avons donc collé le micro sur une roue de vélo, et là nous avons constaté une modulation en amplitude mais pas en fréquence. Nous avons compris que c’était dû à la distance variable avec le micro et au contrôle automatique de gain, que nous avons donc supprimé, etc. Et à force d’essais et d’ajustements, nous avons fini par voir le changement de fréquence de la note. Nous n’avons observé aucune galaxie, pas fait un seul spectre d’étoile, mais pour moi c’est un exemple de la méthodologie expérimentale, on s’adapte et on avance. J’ai revu un de ces jeunes récemment, il travaille maintenant en Irlande comme ingénieur chez Apple, et il garde de ce stage un souvenir génial.

Olivier Las Vergnas, bénévole

Je me souviens de jeunes lançant leurs fusées au Larzac ; sur une affiche, l’un d’entre eux avait écrit : « ils font voler leurs rêves ». Cette formule colle très bien avec la passion et l’engouement des jeunes quand ils voient leur fusée partir.

Jean-Pierre Ledey, ancien président de Planète Sciences

Je me souviens d’un festival de l’espace à Bourges, en 1997 je crois, où, grâce à la technicité fabuleuse d’un certain nombre de bénévoles, nous avons mis en place, sous une tente et avec un vieux téléphone à cadran, un duplex entre la Terre et la station Mir. Etait présent au sol le cosmonaute Michel Tognini, et à bord de la station Claudie André-Deshays. Le téléphone était branché sur haut-parleur, et Claudie a dit : « Bonjour à tous les clubs espace de l’ANSTJ ! ». C’était assez fort et rigolo.

Hervé Prévost, ancien directeur de Planète Sciences