JARDIN DU SOUVENIR
Quoi de plus naturel que d'avoir le regard perpétuellement tourné vers l'avenir quand on appartient à une association de jeunes, de surcroit à spécialité scientifique et technique, c'est-à-dire porteuse d'espoir sur la capacité de l'homme à maitriser et améliorer son devenir, en accord avec son environnement.
En bonne association, la nôtre s'appuie depuis son origine sur un bénévolat toujours dévoué et toujours renouvelé. Des milliers de jeunes et de moins jeunes ont donnés de leur temps et de leurs talents pour que notre objet social, l'article 2 de nos statuts, tout petit bout d'idéal, se concrétise en des milliers d'actions concrètes pour des millions de jeunes, pour que l'expérimentation scientifique et technique participe à leur culture.
Dans le maelstrom de ses activités, Planète Sciences n'a ni la vocation, ni le temps de s'arrêter longuement sur ceux qui quittent la vie sans quitter l'association : le " spectacle continue " et la vedette est à ceux qui arrivent, pas à ceux qui partent. Pour certains d'entre eux, nous avons déjà nommé des lieux ou donné des prix.
En créant cet espace sur notre site Internet, nous avons choisi de conserver une mémoire plus factuelle, principalement tournée vers l'engagement de quelques uns qui ont contribué à la ‘'grande aventure'' de Planète Sciences. Pas de sélection de ces visages mais la conjonction entre la volonté d'un membre de l'association de témoigner et une indéniable action menée par la personne présentée au profit des objectifs du Réseau Planète Sciences.
En posant quelques cailloux sur notre route, celles et ceux qui sont ici montrés sont les représentants des bénévoles de Planète Sciences qui ont participés à la rédaction de son histoire. A travers eux, nous souhaitons réaffirmer que c'est l'apport de chacun de ses membres et partenaires qui permet à notre association d'atteindre ses objectifs et de se développer au profit du plus grand nombre de jeunes.
Pour que notre bénévole à nous ne soit pas inconnu.
Michel BIGNIERLe coût de tonnerre du lancement de Spoutnik le 5 octobre 1957 a été ressenti non seulement par les scientifiques et les politiques mais aussi par les jeunes de tous les pays : des groupes se sont constitués en " clubs aérospatiaux " dans le but de faire, eux aussi, la découverte de ce monde nouveau, malgré en particulier les risques entrainés par l'utilisation de propulseurs de fabrication amateur, insuffisamment fiables.
En 1961, le général AUBINIERE, chargé de constituer le CNES qui devait conduire le programme spatial français, a appelé auprès de lui Michel BIGNIER qu'il avait apprécié sur les terrains d'essais des missiles guidés et lui a, en particulier, confié la responsabilité de créer avec Lise BLOSSET le Département Jeunesse en charge des relations avec les jeunes et avec l'Education Nationale, assurant de plus la fourniture de propulseurs fiables. De plus, le général AUBINIERE avait souhaité associer le monde industriel : Jean-Luc LAGARDERE, alors Directeur Général de MATRA, m'a encouragé à participer à cette " grande aventure ". |
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Michel BIGNIER, alors Directeur des Relations Internationales du CNES, suivait ces activités avec beaucoup d'intérêt et, en 1972, il a beaucoup contribué à organiser la rencontre de clubs de 10 nationalités différentes sous la Présidence de Monsieur COMITI, alors Ministre de la Jeunesse et des Sports : la structure " Les Jeunes et l'Espace " était née et poursuivra longtemps la réalisation de programmes européens. Devenu Directeur Général du CNES, puis Directeur du Transport Spatial à l'ESA, Michel BIGNIER fera appel aux clubs pour définir des expériences à installer dans le laboratoire spatial européen, le Spacelab, certaines réalisées en coopération internationale. Il nous donnait beaucoup de son temps et c'est dans son bureau de l'ESA qu'ont été tenues de nombreuses réunions de notre association. Juste retour de toutes ces actions, il a été élu Président d'Honneur de notre Association.
Si l'on cherche les éléments qui ont permis cette coopération de 30 ans, on trouve d'abord l'approche personnelle de Michel, faite de simplicité et de droiture, d'optimisme et de tolérance, qui en faisait un interlocuteur apprécié des jeunes et de plus une fidélité et une générosité jamais démenties. Ne disait-il pas de lui-même avec humour : " Je ne vois jamais les obstacles, je ne vois jamais les défauts des gens, je m'intéresse aux pas en avant et jamais aux pas en arrière ou sur le côté ! ".
Pierre QUETARD
MARCEL LEBARONMarcel LEBARON qui nous a quitté fin 2009, a concacré pratiquement toute sa carrière au CNES au service des jeunes. Même s’il n’a jamais été officiellement au sein de Planète Sciences, tout ceux qui l’ont connu l’ont toujours considéré comme un ami très proche ou simplement comme un frère. Marcel et Planète Sciences c’était une véritable relation fusionnelle. Que n’a-t-il pas fait pour que notre Association vive et porte partout sa volonté de diffuser la culture spatiale auprès des jeunes. Nous pensons aujourd’hui à tous ces gamins qui lui doivent d’avoir pris goût un jour à l’espace et à la science en général. C’est très naturellement de ce fait qu’est reproduit ci-après l’hommage rendu par le CNES dans son numéro de janvier 2010 du CNES MAG. |
![]() © CNES/C.Bardou |
Marcel Lebaron : une carrière au service des Jeunes et de l'Espace
33 années durant, avec enthousiasme et modestie, Marcel Lebaron s'est consacré aux activités spatiales de jeunes au sein du Centre National d'Etudes Spatiales. L'œil et le sourire malicieux, petite barbe second Empire ou moustache grisonnante, Marcel a beaucoup défriché le terrain de la culture spatiale et y a fait germer des graines qui continuent à prospérer. C'est en particulier lui qui a lancé les formules magiques "L'espace, comment ça marche ?" et "L'espace, à quoi ça sert ?".
A l’origine, un souci de sécurité
Marcel Lebaron rejoint la section Jeunesse du CNES en 1966 après avoir débuté sa carrière en 1965 à la division fusées-sondes. A cette époque, l’action principale du CNES consiste à encadrer les activités de fusées expérimentales menées dans les clubs de jeunes adultes et de mettre à leur disposition des propulseurs présentant toutes les garanties de sécurité. Les fusées de jeunes sont mises en œuvre à l’occasion de campagnes de lancements organisées sur des terrains militaires. La section Jeunesse du CNES avait été créée en juin 1962 au sein du Service de l'information et de la documentation dans un but d'information, d'éducation et de prévention liée à la construction de fusées par les jeunes.
Des fusées pour tous les âges
A partir de 1969, à l'occasion de chaque Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, il fait récompenser les meilleurs projets de fusées expérimentales par les prix GIFAS. Au début des années 1970, il favorise l'importation de petits propulseurs à poudre, permettant l’apparition de l’activité "microfusée", accessible aux enfants à partir de 8 ans et utilisable en milieu scolaire. Au début des années 80, une activité intermédiaire entre la microfusée et la fusée expérimentale voit le jour : la "minifusée", proposée aux jeunes à partir de 13 ans, en clubs ou centres de vacances.
Des jeunes en micropesanteur
En 1988, Marcel Lebaron fait accéder les jeunes à la micropesanteur. Des expériences de clubs sont embarquées à bord de la Caravelle Zéro-g du CNES. Une mallette pédagogique est mise au point avec des animateurs de l'Association nationale sciences techniques jeunesse (ANSTJ) pour être utilisée à bord de la station Mir par Jean-Loup Chrétien. A partir de 1992 (mission Antarès), les vols franco-russes embarquent systématiquement des réalisations (T-shirt d'école primaire, nourriture spatiale de lycée hôtelier, vêtements pour cosmonautes d'école de stylisme) ou des expériences de jeunes. A deux reprises (en 1980 et 1988), des clubs (GAREF aérospatial et ESIEESPACE) embarquent un satellite amateur à bord de la fusée Ariane.
Des activités pour l’école
En 1992, Marcel Lebaron lance sur la région toulousaine l'opération "Un ballon pour l'école". Elle consiste à mettre à disposition d'établissements scolaires (du primaire au supérieur) des chaînes de vol de ballons stratosphériques qui emportent une nacelle avec des expériences conçues et construites par les jeunes.
Toutes ces activités ont été menées en collaboration étroite avec le secteur associatif (réseau Sciences techniques jeunesse devenu depuis Planète Sciences, Ligue de l'Enseignement, Francas...) et l'Education nationale. Activités auxquelles il convient d'ajouter la télédétection, l'élaboration et la diffusion d'expositions ("L'espace, comment ça marche ?" et "L'espace à quoi ça sert ?") et d’ouvrages, la mise en place de concours...
Chaque fois que cela a été possible, Marcel Lebaron s’est efforcé de mettre des jeunes au service d’autres jeunes, faisant réaliser des parachutes par des lycées professionnels, concevoir des rampes de lancements par des BTS, définir de nouveaux propulseurs par des écoles d’ingénieurs…
A 70 ans, Marcel Lebaron nous a quitté pour prendre le chemin des étoiles. Il a bâti une activité unique au monde dont le CNES peut s’enorgueillir et a laissé à ses successeurs un terrain d’action inépuisable. Il a reçu les palmes académiques en 1998 et été récompensé par la Nile Gold Medal de la Fédération aéronautique internationale (IAF) en 2001.
Crédit Photo : Christophe Scicluna
Pierre-François MOURIAUX
Responsable du secteur Espace de Planète Sciences de 1994 à 1998
Anne SERFASS-DENIS
Chef du service Jeunesse et acteurs de l’Education au CNES
Jean Marc Salomon |


