Tous les articles par Ariane Rudelle

LES FEMMES DE SCIENCE SORTENT DE L’OMBRE, À LA MAISON DES SCIENCES

Les chiffres sont têtus : En 2017, les filles n’étaient que 38% à étudier les matières scientifiques à l’université, 28% dans les formations d’ingénieurs toutes spécialités confondues. Dans les filières bac +2 (BTS, DUT), les femmes sont très peu présentes – moins de 8 % des élèves – en génie électrique et informatique industrielle, en génie mécanique et productique, en génie industriel, maintenance ou encore réseaux et télécommunications. Il n’y a aujourd’hui que 10% de femmes dans les filières informatiques, pourtant précieuses pour accéder à des métiers concernant l’avenir de la société comme l’intelligence artificielle.

Planète Sciences ne forme pas les jeunes à des métiers, mais les éveillent à la démarche scientifique, à l’esprit critique, à l’expérimentation, à l’importance de l’essai-erreur, à développer plus encore leur curiosité, leur confiance en soi et leur autonomie. Dans le cadre des projets scolaires, nous touchons mécaniquement tous les élèves d’une classe et donc tout autant les filles que les garçons. C’est plus complexe pour nos activités de loisirs pendant les vacances scolaires : nous constatons chaque année que les filles ne représentent en moyenne que 25% des inscrits avec de fortes disparités : nous pouvons nous réjouir d’un stage de programmation réunissant 50% de filles et 50% de garçons quand nous constatons qu’un stage « fusée 3D » est à…100% masculin (c’est le seul sur 2020).

Nous nous interrogeons collectivement, bénévoles et salariés, sur les moyens d’agir à notre niveau sur ces disparités qui nous étonnent parfois nous-mêmes tant nous partons du principe que nos activités scientifiques s’adressent à toutes et à tous. Nous essayons de proposer des textes attractifs et inclusifs (sans doute pas suffisamment) et des thématiques variées, qui s’adressent d’ailleurs aux enfants comme aux parents qui bien souvent choisissent les activités avec/pour leurs enfants. Aussi, nos équipes sont mixtes autant que possible. Cela ne suffit pas.

Cet été, Planète Sciences Occitanie accueille en ses murs l’exposition « Les femmes de sciences sortent de l’ombre ». Cette exposition pédagogique, proposée par la Mairie de Toulouse, l’association Femmes et Sciences et AEC Toulouse-Occitanie, s’adresse tout particulièrement aux jeunes dès 8 ans. Elle a pour objectifs de favoriser la visibilité des femmes scientifiques et l’identification pour donner envie et apporter la motivation aux jeunes filles de se lancer dans des activités scientifiques et pourquoi pas d’investir des carrières scientifiques. Elle vise aussi à améliorer la connaissance des femmes scientifiques dans l’histoire des sciences, un objectif touchant à la fois les garçons et les filles.

C’est pour notre association une occasion d’aborder la représentation des filles et des femmes dans les activités scientifiques et techniques, via un travail réalisé par des experts du sujet. Nos activités de loisirs scientifiques s’adressent à tous les jeunes, et nous avons à cœur qu’aucune ni aucun d’entre eux ne se détourne de nos activités pour des raisons discriminatoires, même inconsciemment.

Partez ainsi  à la découverte de vingt-sept femmes scientifiques de toutes nationalités et de toutes disciplines à travers plusieurs panneaux. Inspirées et inspirantes, certaines ont marqué l’Histoire par leur travail et leurs découvertes quand d’autres l’écrivent aujourd’hui. Et vous, vous connaissez Marie Curie, mais quelle autre femme scientifique êtes-vous en mesure de citer ?

Bonne expo à toutes et à tous,

L’équipe de Planète Sciences Occitanie

PS : Si le sujet vous tient à cœur, n’hésitez pas à nous contacter et contribuer pour nous aider à agir pour que davantage de filles participent à nos activités.

(Se) Fabriquer – ÉPISODE 2

Labellisé « fablab solidaire » par la Fondation Orange, le F@bRiquet a accueilli un 2ème groupe de jeunes de l’Ecole Régionale de la Deuxième Chance en mai dernier. Au programme : un « Parcours Maker* » de 40 heures  de découverte, d’initiation, de formation aux machines et de réalisation de projets. Sur le terrain,  un travail sur eux-mêmes tout autant que sur la finalité des projets. Du côté de notre équipe, l’occasion de mettre en œuvre ce qui nous tient à cœur : le partage, l’apprentissage par le faire et l’expérimentation.

« Nous avons créé un jeu de plateau en utilisant les logiciels Cura et Inkscape et en utilisant une imprimante 3D, la découpeuse laser, une perceuse, une pince à rivets… » listent Alicia et Lisa avec enthousiasme, aux côtés de leur création inspirée d’un jeu vidéo à l’univers « dark » atour d’Alice au pays des merveilles. De son côté, Ugo « sait se servir en autonomie d’une imprimante 3D » et a même « aidé 2 personnes du groupe à l’utiliser » malgré une motivation en demi-teinte à son arrivée. « Impression 3D et artisanat » ont eu les faveurs d’Adrien qui a aussi réalisé un objet grâce à la découpeuse laser en jouant sur les profondeurs de gravure. Quant à Sadjo qui n’a pu être présent tous les jours, il peut être fier de son motif réalisé à la brodeuse numérique et à sa gravure laser.

Leur premier point commun ? Ils n’avaient jamais franchi la porte d’un fablab avant de se lancer dans ce programme et ont débarqué au fablab sans savoir quel univers les attendait. Le tout sans diplôme. Et nous avons eu la joie d’accueillir pour son 2ème passage Yanis ( voir “Se Fabriquer” – épisode 1 ), motivé comme jamais pour fabriquer un cube infini et de plus en plus à l’aise avec les machines et pour présenter ses projets !

Les projets sont nés au fur et à mesure des éléments amenés avec tact par Julien**, fabmanager au FabRiquet. Visite, démonstrations, tests, questionnements, exemples : parfois c’est en poussant les jeunes dans leurs retranchements que les idées ont émergé. Et c’est ainsi que sans même s’en rendre compte, les avancées se sont multipliées : travailler en groupe, s’entraider, prendre en confiance en soi, utiliser différents logiciels, découvrir les plateformes de modèles open source,  tester les machines, se tromper, recommencer, percer, poncer, riveter, bricoler, fabriquer, communiquer, prendre des décisions, se dire « c’est moi qui l’ai fait ! »…Alors concernant leur 2ème point commun : le manque de confiance en soi, nous espérons pouvoir le balayer d’un revers de main et c’est aussi ce qu’ils nous ont montré au travers de la valorisation de fin de parcours.

Pour notre équipe, cette nouvelle expérience d’inclusion numérique nous confirme à quel point les activités « maker » sont adaptées à préparer un avenir incertain, comme le documentent Ann-Louise Davidson et Nadia Naffi, chercheuses au Canada et auteures d’un article sur le sujet : « Ils acquièrent le courage d’essayer des outils qui leur étaient inconnus, de se lancer dans des expérimentations […]. L’avenir du travail est incertain. Les technologies sont en évolution constante, […] il est impossible de préparer les jeunes pour des tâches définies. Par contre, nous pouvons les outiller pour qu’ils soient capables de faire face à cette ambigüité et de trouver leur place dans ce futur aléatoire. »

Ainsi avons-nous fait de notre mieux pour outiller ces jeunes, qui en ont d’autant plus besoin que leurs parcours de vie ont bien souvent été jalonnés d’embûches. Nous espérons pouvoir renouveler cette expérience avec de nouveaux groupes prochainement. Ce type de projet est rendu possible grâce aux partenaires qui nous soutiennent dans cette démarche et qui, comme nous, croient que les projets scientifiques et techniques favorisent l’intégration sociale et qu’il est essentiel de les rendre accessibles à toutes et à tous.

*Parcours Maker : un projet solidaire porté par Planète Sciences Occitanie et  le fablab Createch à la MJC Saint-Jean. Un projet soutenu par la Fondation Orange à travers son label “Fablabs Solidaires » : un programme international d’éducation au numérique.

** Retrouvez dans cette vidéo le message de Julien, fabmanager au F@bRiquet, interviewé par la Fondation Orange, sur cette expérience :