|
6èmes Rencontres Sciences
et Techniques de l'environnement : Istres, du 27 au 31 octobre 2003 |
|
Atelier |
|
|
Transports et
Environnement |
|
Sommaire
1e partie : les données du problème
A. La spécificité des villes européennes
B. L'importance de la mobilité et de la motorisation
Depuis 1976, le nombre de déplacements par jour et par personne reste stable, soit environ 3,3 pour la France. Ce qui a changé :
la répartition modale : augmentation importante de l'utilisation du VP au détriment des deux-roues, de la marche et du transport public
les distances : doublement des dist. domicile-travail depuis 1975
les caractéristiques des déplacements : augmentation des motifs " loisirs et achats "
Depuis les années 50, le taux de motorisation a véritablement explosé. C'est l'époque du démantèlement des tramways, de la construction massive d'infrastructures routières et de la péri-urbanisation de l'habitat.
En 1991, l'Europe abritait près de 37% du parc automobile mondial (208 millions de véhicules)
Les dix principaux parcs mondiaux en 1991 (Sources : revue l'Argus 1992 et l'annuaire rétrospectif INSEE, INED, ONU).
Les véhicules sont : les voitures + les véhicules utilitaires, représentant respectivement 76 % et 24 % du nombre total des véhicules du parc mondial.
Le "tout-automobile" a eu pour conséquence essentielle :
- le bouleversement de l'organisation de l'espace par le redéploiement des fonctions urbaines (spécialisation et ségrégation).
Cette évolution va à l'encontre de l'organisation traditionnelle des cités européennes fondée sur : la densité ; la multifonctionnalité ; la diversité sociale et culturelle.
Le rôle des centres, comme espace de communication, est anéanti sous la pression du stationnement et de la circulation. Les rues, qui enseignaient l'urbanité et la citoyenneté, sont devenues des routes.
Dans les années 1970, devant les problèmes énergétiques, un changement s'amorce (création du "versement transport" pour financer les TC urbains, naissance des zones piétonnes, des métros de province…)
Aujourd'hui, les Transports Collectifs n'étant pas toujours capables de répondre à la demande, la pression des déplacements VP reste grande et pose une série de problèmes au milieu urbain.
En France, certaines villes sont plus avancées que d’autres en matière de gestion des déplacements et les contrastes sont évidents.
Les agglomérations de la Région PACA ont un énorme chemin à parcourir en matière de déplacements durables.
C. Les pollutions et nuisances imputables à l'automobile
=
Nuisances et pollutions :
Responsabilité des transports dans la pollution atmosphérique:
(Rappel de la réglementation européenne :
|
Objectif : |
Résultats Bouches-du-Rhône (1991) : |
|
1. Seuil d'alerte de la population* 2. Seuil d'information de la population 3. Seuil de protection de la santé 4. Seuils de protection de la végétation** |
- atteint exceptionnellement - atteint entre 15 et 40 jours/an, de juin à septembre - atteint entre 40 et 100 jours/an - atteint entre 100 et 150 jours/an) |
La consommation d'espace, réceptacle du système de transport :
Si l'entrave visuelle des automobiles est difficilement appréciable, l'emprise spatiale des infrastructures l'est davantage, ainsi :
La consommation d'espace varie en fonction des modes de transport
Consommation d'espace par mode, motif et personne en m2/h (Source : Cancalon & Gargaillo 1991)
|
|
(Les chiffres obtenus tiennent compte, pour le stationnement, de la surface nécessaire au stationnement ; de la durée du stationnement ; du nombre de pers./véhi. Pour la circulation, de la largeur de la voirie ; de la longueur du déplacement ; du débit optimal de la voie de circulation par rapport à une vitesse donnée ; et enfin du nombre de pers./véhi.)
Les résultats indiquent clairement que la consommation de l'espace/temps pour circuler et stationner est de 10 à 30 fois plus élevée par personne dans le cas de la voiture individuelle que dans celui du transport collectif.
D. Le poids du secteur automobile en France
• Dans l'économie nationale :
La France est le quatrième producteur mondial de voitures particulières (après le Japon, les Etats-Unis et l'Allemagne) ;
soit 376 500 personnes employées dans ce secteur en 1990 (y compris pièces détachées et pneumatiques).
Les dix taxes de la fiscalité automobile française (Source : Commission des Finances du Sénat, 1994)
|
|
Fiscalité générale |
Fiscalité spécifique |
|
Détention |
|
|
|
Usage |
|
|
2e partie : Les réponses envisageables
A. La régulation de la demande : concept et objectifs
Il est donc nécessaire de contrôler la demande de transport dans les métropoles car la circulation automobile génère des coûts élevés pour la collectivité et contribue ainsi au déséquilibre croissant de l'environnement urbain.
• La régulation de la demande ("Demand Management") est un concept qui vise à influencer, orienter, voire contrôler la mobilité urbaine, c'est à dire à changer les caractéristiques des déplacements dans une perspective de développement durable.
L'une des plus grandes difficultés réside dans la nécessité de contrôler l'utilisation des véhicules tout en maintenant la liberté de mouvement des personnes ("l'homme doit demeurer libre d'aller et venir sans entrave ni contrainte")
Toute la question est en effet de parvenir à changer les caractéristiques des déplacements tout en garantissant le même niveau de mobilité et la liberté de circulation des personnes à toutes les zones.
Les mesures disponibles peuvent se hiérarchiser en fonction de leur caractère incitatif ou coercitif et de leur domaine d'intervention. Elles poseront des problèmes divers d'acceptabilité sociale.
Du point de vue technique, il n'existe pas une seule solution, mais davantage une série de moyens complémentaires. Ainsi, il est possible d'agir plus ou moins simultanément sur :
tout en s'appuyant sur des moyens réglementaires dans une vision globale d'aménagement à long terme.
Du point de vue institutionnel :
- la gestion de la mobilité à l'échelle d'une agglomération est donc un problème complexe car elle fait intervenir plusieurs niveaux de compétences, des acteurs publics/privés, et se heurte donc à des cloisonnements institutionnels, voire politiques.
B. Les Plans de Développement Urbains
En France, la démarche des PDU incite fortement les différentes parties prenantes de la politique des déplacements à un travail concerté : leur objectif est bien d'améliorer les déplacements urbains en intégrant leur organisation dans le développement urbain pour une meilleure utilisation de l'espace et de l'énergie.
Les PDU concernent donc les déplacements tous modes - avec mise en avant des transports publics -, la circulation et le stationnement.
Les objectifs des PDU tels que fixés par la Loi sur l’Air:
C. Comment faire du transport public une alternative crédible à l'usage de l'automobile ?
• Donner une priorité effective aux transports publics de surface grâce au développement des TSCP, à l'apport des nouvelles technologies et à un mariage réussi avec les " modes doux ".
Atouts des TCSP :
• L'appui significatif des nouvelles technologies télématiques :
Les SAE (Systèmes complexes à la fois outils de gestion, de régulation et d'information)
Les SAI (Systèmes d'aide à l'information)
Le GPS permet de suivre les bus à 10 m près et de réguler la progression des véhicules.
La Billétique/monétique
Les nouveaux moyens de paiement électronique (type carte à puce/télépéage multiprestataires multiservice) permettent :
Tous ces systèmes apportent une amélioration significative en termes :
Cependant des contraintes demeurent :
A cause de ces contraintes, il s'agit alors de rechercher une complémentarité entre les modes plutôt que la traditionnelle concurrence.
D. Vers l'intégration des modes
Cette dimension intégrée du système de transport implique de hiérarchiser la place et le rôle des différents modes de transport en fonction de :
Pour réaliser cette intégration, il s'agit :
1) • Les approches divergent entre pays européens
Europe du Nord :
(très schématiquement)
Les pays nordiques fonctionnent entre ces deux modèles.
Europe Latine :
Où se situe la France ?
2) La mobilité urbaine
soulève des inquiétudes profondes. En France, des solutions existent et une sensibilisation accrue se dessine avec de nouvelles dispositions légales (PDU, PRQA, PPA, Loi SRU…)
En revanche, des contraintes demeurent :
Il est indispensable d'agir rapidement :
Ces formes nouvelles de la mobilité nécessitent une dimension supérieure de citoyenneté car elles font appel à de nouveaux comportements.
Nouveaux modes de déplacement = nouvelles valeurs, en porte-à-faux avec celles traditionnellement attachées à l'automobile (puissance, vitesse, individualisme, frime, etc...).
Ces valeurs sont par exemple le partage ; l'échange ; l'utilisation collective ; le libre-service ; le respect des faibles " modes doux ".
Plus globalement, ces valeurs passent aussi par une véritable prise de conscience (lucidité, clairvoyance) :
la conscience de la fragilité de l’environnement ;
la conscience que Mère Nature semble nous envoyer des messages d’alerte liés au réchauffement de la planète (occurrences/résurgence inquiétante des catastrophes naturelles - tempêtes, inondations, tremblements de terre etc.)
la conscience que nous sommes les enfants d’une Terre Sacrée, que nous lui sommes subtilement reliés, et que le temps de sa profanation massive est peut-être révolu.