Projet Ballon Orseus : un premier essai transformé

Le 9 Mai, un groupe d’étudiants du département Mesures Physiques de l’IUT d’Orsay accompagné d’un bénévole et d’une permanente du Secteur Espace de Planète Sciences ainsi que de leurs encadrants (Roger Reynaud et Bastien Vincke) a embarqué en direction d’Orléans. Leur mission: lâcher leur projet Ballon – Récit d’un premier lâcher de ballon stratosphérique, et du voyage atmosphérique de la nacelle nommée Orseus.

7 mois de travail

Depuis septembre, dans le cadre des projets tutorés de S3, ils sont 8 étudiants du département Mesures Physiques de l’IUT d’Orsay a avoir travaillé sur un projet de ballon stratosphérique. Depuis la conception de la nacelle, des capteurs, jusqu’à l’exploitation des données, en passant par la fabrication de l’enveloppe en polystyrène. La nacelle embarquait plusieurs capteurs (température, pression, localisation) et deux caméras étaient aussi installées. Enfin, le système est équipé d’un émetteur radio fréquence permettant de recevoir en temps réel l’ensemble des données (sans les images) au cours du vol du ballon sonde.

L’équipe du lâcher

L’équipe était donc composée de :

  • Les étudiants « concepteurs » du projet, pour leur premier lâcher : Amélie Bouchard, Julien Derand, Alexandre Salle, Raphaël Prevost.
  • Les encadrants de Planète Sciences : Elodie Francillette (Planète Sciences, 1er lâcher), Anthelme Bernard Brunel (Bénévole Planète Sciences – Etudiant Polytech UMPC, 5ème lâcher), Benoit Coûté (Bénévole Planète Sciences – Chercheur LPC2E, 1er lâcher)
  • Les encadrants: Bastien Vincke (Enseignant Chercheur IUT Orsay), Roger Reynaud (Professeur IUT Orsay, Responsable laboratoire InfoInstrum) qui eux aussi vivaient leur premier lâcher.

Derniers préparatifs

10h15 : Arrivée à Orléans. nous sommes accueillis par Monsieur Tagger, le directeur du laboratoire LPC2E (Laboratoire de Physiques et Chimie de l’Environnement et de l’Espace). Après de nombreuses conversation passionnées, le directeur nous présente son laboratoire et ses projets durant un séminaire .
Il nous accompagnera toute la journée: lors du lâcher et durant la période de télémesure.

11h30 : nous décidons de mettre en place notre système. Deux équipes sont formées, la première s’occupera de construire la chaîne de vol et la seconde s’occupera de mettre en route et valider la nacelle avant vol.

Premier lâcher : un essai transformé

Eh un essai transformé

Et voila ! un essai transformé !

13h00 : nous nous installons sur l’aire de lâcher et nous commençons à gonfler le ballon. Le gonflage est réalisé en présence de Monsieur le Délégué Régional du CNRS ainsi que de Monsieur le Directeur du laboratoire et aussi de nombreux anonymes, intéressés par la manipe.

13h25 : nous téléphonons à l’aviation civile afin d’obtenir l’autorisation de lâcher.

13h55 : second coup de téléphone, le lâcher est programmé dans 5 minutes.

14h00 : le ballon s’envole ! (voir vidéo ici). Le lâcher a été un peu difficile et le ballon est passé tout près d’un bâtiment et d’un arbre : mais l’essai est transformé !

[Elodie F.]: Comme quoi un bon lâcher nécessite un ballon bien gonflé. Une bonne leçon pour mon premier lâcher

Nous nous précipitons alors vers les télémesures : tout semble fonctionner correctement ! Ouf !

Une longue ascension

Un plan de vol avait été prévu suivant les prévisions météo. Il est prévu que le vol dure 2h15 et que le ballon parcoure 150km en vol.

Une équipe de chasseurs (Julien, Alexandre et Roger) part vers le site prévu de réception à 14h30.

15h30 : les chasseurs se mettent en stand-by dans une aire d’autoroute en attendant que le lieu précis de la chute soit connu.

16h00 : d’après nos télémesures, le ballon est encore en train de monter (20km)
16h30 : … toujours en phase ascendante. Les chasseurs commencent à s’impatienter et à appeler toutes les demi-heures.
17h00 : … toujours en phase ascendante. La pression mesurée à bord est en dessous de 50 hPa.

Retour sur Terre

17h30 : La pression est maintenant de 10 hPa (autour de 37km) ! Puis : éclatement du ballon ! ENFIN ! Il commence sa descente ! Le début de la descente est très rapide. La chute était prévue de durer 30 minutes.

Photo prise depuis la nacelle Orseus en ascension

La terre vue du Ciel -Photo prise depuis la nacelle Orseus en ascension

17h50 : La télémesure ne répond plus ! L’altitude de la nacelle est trop basse, nous ne pouvons plus recevoir de données à cause de la courbure de la Terre.

18h00 : Aucune nouvelle du ballon, il ne devrait pas tarder à arriver sur Terre.

18h11 : Le ballon nous envoie un premier SMS pour nous indiquer sa position. Le tracker embarqué vient de capter le réseau GSM (à partir de 300m du sol) ! Cris de joie dans la voiture, car cela signifie que la nacelle va très certainement être retrouvée !

Le lieu d’atterrissage est a plus de 100 km de la zone de réception initiale ! Le ballon a parcouru 250km à vol d’oiseau depuis Orléans jusqu’à l’Est de Dijon (à Courtemon exactement). L’équipe de chasseurs n’hésite pas une seule seconde : il faut récupérer Orseus !

18h15 : le téléphone sonne une nouvelle fois. Une voix inconnue m’interpelle alors : « Bonjour Monsieur, nous avons reçu un œuf de pâques dans notre champs ! » Orseus a été retrouvée par deux cavalières d’un centre hippique ! EUREKA ! Explosion de joie et de rire dans la voiture. L’équipe de chasseur peut maintenant aller retrouver le ballon sans aucun soucis.

20h30 : l’équipe de chasseurs retrouve Orseus et en profite pour faire connaissance avec nos sauveurs du jour. Toute l’équipe est ravie, nous croisons tous les doigts afin que les données photos soient exploitables. L’équipe de chasseurs se remet en route vers Orsay et rentrera très tard dans la nuit.

Après autopsie, il apparait que toutes les données d’Orseus sont exploitables ! Nous obtenons de magnifiques photos du lâché, des nuages, de la Terre vue du ciel et même du ciel ! Nos sauveurs se sont aussi fait prendre en photo par Orseus lors de leur trouvaille !

Pas moins de 10 000 photos ont été prises durant le vol, découvrez quelques clichés par ici.

Un grand merci

Nous tenons à remercier l’ensemble des personnes qui on participé à ce projet : Planète Sciences, le CNES, le laboratoire LPC2E ainsi que l’ensemble des enseignants impliqués. Un très grand merci à Roger pour m’avoir accompagné pour ce projet et avoir réalisé la chasse à Orseus ! Et un merci à l’ensemble de l’IUT d’Orsay pour permettre la réalisation de ces projets en particulier aux responsable du département Mesures Physiques, Bruno et Pascal et à notre directrice Madame Bensimon.

Texte rédigé par Bastien Vincke, tuteur du projet Orseus

Commentaires : Elodie F.

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