Collaboration France-Japon: l’expérience se poursuit entre TKRC et ESO

En 2012 à cette époque de l’année , Hugo Charrier, membre du club ESO (Estaca Space Odyssey, à Levallois Perret) nous rapportait les développements du projet commun avec TKRC (Team Kansai Rocket Club, à Osaka). En 2013, c’est Nicolas Clémencin qui répond à mes questions depuis Osaka, pour nous expliquer comment la collaboration se poursuit.

Nicolas, faire un stage au Japon, c’est original – peux-tu nous dire ce qui t’amène à Osaka?

J’ai toujours voulu aller au Japon. La culture japonaise génère beaucoup de fantasmes, et elle m’a toujours beaucoup intrigué. Pendant l’année scolaire, le responsable de l’entreprise Souki Systems  nous a fait savoir sa volonté de poursuivre notre collaboration, qui dure depuis maintenant 2 ans. [NDR: Souki Systems est l’entreprise qui héberge le club TKRC]. La collaboration souhaitée cette année par Souki Systems diffère de celle de l’année dernière mais reste très avantageuse pour nous, puisqu’il s’agit d’une fusée réalisée entièrement au Japon, par 2 ingénieurs de Souki et un Esocien. J’ai eu la chance d’être l’Esocien en question !

TKRC_ESO

La collaboration entre l’ESO et TKRC est établie depuis 2011: quels sont les projets réalisés depuis?

Après que Hugo Charrier soit allé en stage chez Souki, on nous a proposé de mener un projet commun. Ce fût la naissance du projet Odyssée S-2, qui est une synergie entre un lanceur conçu et réalisé en France, et un dispositif expérimental pensé et réalisé au Japon. La fusée a été lancé au C’Space 2012, et a effectué un vol nominal. Cette année, je suis au Japon pour fabriquer une fusée conçue par les japonais. J’apporte le savoir faire ESOcien en mécanique et en électronique, et je fais de mon mieux pour régler les problèmes pouvant se poser quand au respect du cahier des charges de la campagne. Je suis également chargé de faciliter le transport de la fusée jusqu’au C’Space, et je serai responsable du bien être des japonais pendant leur séjour en France. Échange culturel intéressant en perspective !

Développer un projet commun France-Japon: voila un réel défi! Comment êtes vous organisés au cours de l’année?

La fusée sur laquelle je travaille étant entièrement réalisée au Japon pendant mon stage, l’année n’a pas été trop difficile à gérer. Tout au long de l’année scolaire, je recevais par e-mail les compte-rendus des vols effectués au Japon par les fusées précédent le modèle S-3, qui est celui sur lequel je me préparais à travailler. Cela m’a permis d’avoir un aperçu des caractéristiques de leurs fusées, et de leur façon de traiter les résultats. Il m’a également fallu m’assurer qu’ils faisaient parvenir à Planète Sciences les documents nécessaires à l’inscription d’un projet au C’Space, dans les délais accordés. Pour le reste, tout s’est passé au Japon.

Est-ce que tout se déroule comme prévu? Est-ce que tu peux nous donner quelques exemples de difficultés rencontrées?

Tout se passe bien. A l’heure où j’écris ces lignes la fusée est terminée et a été expédiée en France, au local de l’ESO. Mais cela n’a pas été facile tous les jours, la principale difficulté étant la langue. Je ne parle pas japonais, et les japonais, pour une très grand majorité, ne parlent pas anglais ! Mais les ingénieurs avec qui je travaille font des efforts et essaient de former des phrases avec les quelques mots qu’ils connaissent. Ça plus des schémas et l’aide de traducteur en ligne nous permet de nous comprendre. Notre travail sur la fusée a simplement été ralenti par cette difficulté de communication, et n’a heureusement souffert d’aucune erreur importante liée à la langue.

Est-ce que les différences culturelles ont-eu un impact sur le déroulement du projet?

En effet, un autre défi a été le respect des délais. La façon de travailler des TKRC est très particulière, et difficilement compréhensible pour des français. En fait, le club TKRC est incorporé dans une entreprise, Souki Systems, dans laquelle je suis actuellement en stage. L’entreprise conçoit et fabrique des drones, des systèmes électroniques et des fusées expérimentales. Le club TKRC est l’entité qui lance les fusées. Mais les membres du club sont les ingénieurs de Souki, qui ont fabriqué la fusée ! C’est donc une petite entreprise qui fabrique des fusées en série. Celle destinée à être lancée en France est évidemment différentes des autres, car le cahier des charges du C’Space n’a rien à voir avec les cahiers des charges des campagnes japonaises. Cette production de fusée en série implique des délais serrés ! La fabrication de la fusée S-3 a démarré la deuxième semaine de juillet ! Mais la particularité de fonctionnement du club fait qu’une fois le projet débuté, les ingénieurs et moi-même avons travaillé à 3 sur la fusée presque à plein temps. Elle est finalement prête, avec un peu d’avance !

La Fusex S-3 est réalisée en à peine 4 semaines - à temps plein!

La Fusex S-3 est réalisée en à peine 4 semaines – à temps plein!

Qu’est ce que cette expérience t’apporte, personnellement?

Beaucoup de choses. Travailler au Japon est une expérience très enrichissante. J’avais déjà eu l’occasion de voyager, mais jamais aussi loin, seul, et aussi longtemps. Partir vivre seul 8 semaines dans un pays ayant une culture tellement différente était un défi. A maintenant une semaine de mon retour en France je pense être désormais bien rodé au travail avec des ingénieurs étrangers, dans un milieu qui ne m’est pas habituel. En plus maintenant je n’ai plus l’air ridicule lorsque je mange avec des baguettes ! Mais j’ai encore un peu de mal avec le poisson cru et le riz au petit déjeuner….

Le projet est prévu pour être lance a la fin du mois : ça va le faire?

Oui ! La fusée est en route pour la France, et elle est terminée. On aura peut-être quelques bricolages à faire pendant le C’Space mais dans l’ensemble, c’est du travail très pro et ça correspond au cahier des charges. Je suis confiant !

Merci Nicolas de partager avec nous ton expérience internationale. Il y en aura peut-être d’autres l’an prochain. Et comme on dit en Japonais : Gambatte Kudasai !

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