Le Japon à Biscarrosse

Cette année encore, nos amis japonais vont mettre en œuvre leurs projets spatiaux lors du C’Space. Pas moins de trois équipes travaillent d’arrache-pied sur leur projet pour être prêtes à temps.

Uchuu Club Gifu (うちゅう クラーブ ぎふ)

Uchuu signifie « espace » en japonais. Il s’agit du club de l’université de Gifu (carte Google). Leur projet, inscrit dans la continuité, est de mettre au point un lanceur de satellites. Pour cette première année, ils mettront en œuvre un système simplifié, destiné à valider leurs solutions techniques et à récolter des informations sur le vol, qu’ils utiliseront pour mettre au point leur système totalement fonctionnel. La fusée comportera un capteur de pression, afin d’obtenir l’altitude (altimètre barométrique). La fusée sera également équipée de 3 accéléromètres et d’un tube de Pitot, qui devaient servir à obtenir l’altitude par intégration. L’équipe des contrôleurs note au passage un oubli, fréquemment rencontré dans les projets de fusée utilisant cette méthode: en effet, le club n’a pas de gyromètre, or cette mesure est nécessaire afin de recaler le repère de la fusée dans le repère galiléen (de la Terre) dans lequel on veut connaître l’altitude.
La fusée éjectera un satellite. Ce satellite utilisera à terme son énergie cinétique de descente pour s’alimenter. Cette année, l’énergie électrique produite par son hélice de ralentissement sera simplement mesurée afin de valider les modèles théoriques.
Pour la première étape réalisée cette année, l’éjection du satellite et du parachute seront commandées par un séquenceur, mais à termes l’objectif est de déterminer les phases de vol grâce aux différents capteurs pour décider du moment des différentes séparations en fonction de la position et de la vitesse de la fusée.

TKRC

TKRC est une équipe mêlant étudiants et jeunes ingénieurs en formation dans la société Souki Systems (そうき システムズ), située à Osaka (carte Google).
L’équipe travaille cette année en collaboration avec le club français ESO. Les Japonais fournissent l’avionique et les Français fournissent le vecteur. Ce partenariat s’inscrit dans la durée et le programme sur trois ans doit permettre le transfert de technologie, qui se conclura par une fusée entièrement réalisée par TKRC, qui pourra éjecter 3 quasi-satellites.
Le « Flight Recorder » enregistrera cette année des données inertielles, ainsi que les informations en provenance du récepteur GPS. Il est équipé d’un module Bluetooth pour le diagnostic au sol et la configuration à la mise en route. Cette avionique doit permettre de qualifier le vol et permettre une séparation des différents quasi-satellites de manière plus fine qu’avec un simple chronomètre.

Kyutech Space Club

Kyutech Space Club est une équipe d’université, plus précisément, elle est basée dans le Department of Mechanical and Control Engineering dirigé par le professeur Yonemoto. L’université de Kyutech est située à KitaKyushu (carte Google). L’idée directrice sur laquelle travaille le laboratoire est la construction d’un nanolanceur. La série WIRES (WINGED Rocket) ressemblant à une navette en fait partie, tout comme la série NINJA qui est présentée chaque année au C’Space.
Sixième de la série, NINJA-12 tentera une nouvelle fois d’atterrir à un endroit désigné au moyen d’un parapente. Nouveauté cette année, l’éjection du parapente ne nécessite plus que la trappe d’éjection se trouve sur le dessus de la fusée. Le système de contrôle en roulis a donc été supprimé pour simplifier la fusée. Autre nouveauté, l’avionique a été totalement repensée, avec un architecture permettant un câblage beaucoup plus simple et plus propre que ce que nous avons pu voir les années précédentes. Les différents calculateurs embarqués dans la fusée communiquent entre eux au moyen d’un bus CAN. Les données du vol seront enregistrées à bord sur des SDCards, mais seront également transmises au sol par télémétrie, au moyen d’un émetteur KIWI Millenium, ainsi que d’un émetteur WiPort.
Deux GPS fournissent la position de la fusée et lui permettent de naviguer jusqu’au point d’atterrissage. La fusée sera également équipée d’un Pitot à plusieurs entrées, ce qui lui permet de connaître son incidence en plus de sa vitesse, enfin une centrale inertielle sera utilisée pour enregistrer le vol.
Mue par un Pro75-3G, cette fusée de 15kg atteindra environ 1km d’altitude.

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